Centre de l’épaule
Traitement thérapeutique et chirurgical des pathologies de l’épaule.

Rupture de la coiffe des rotateurs

Description

L’épaule se compose de trois os: l’humerus, l’omoplate et la clavicule. Elle est une articulation dite « à rotule ». Six muscles entourant cette articulation forment la coiffe de rotateurs placée en couverture autour des os. Ces muscles sont : 

  • Supra-épineux (supraspinatus); 
  • Sous-scapulaire (subscrapularis);
  • Infra-épineux (Infraspinatus);
  • Petit rond (teres minor);
  • Grand rond (teres major);
  • Deltoïde (deltoŃ—deus).

Ils assurent la position stable du bras dans le socle de l’épaule, le soulèvement et la rotation du bras. 

La rupture de la coiffe concerne soit des muscles, soit des ligaments de l’épaule.

Types de la rupture de la coiffe:

  • Rupture complète – le tissu du tendon est littéralement séparé en deux. 
  • Rupture partielle – le tissu du tendon est abimé mais pas lacéré.

Origine

En règle générale, la rupture des tissus se produit suite à leur lésion. Il s’agit donc de l’origine de la rupture soit traumatique, soit dégénérative. 

En fonction de la nature du processus de lésion, on retient deux types: 

  • Processus dégénératif provoquant la dégradation des tissus au fur et à mesure du vieillissement naturel. La présence d’excroissances osseuses dites « exostoses », les contraintes répétées ou la mauvaise vascularisation de l’articulation peuvent accélérer le vieillissement.
  • Traumatisme intense produit par un événement significatif tel que le hissage de poids lourds ou une chute sur le bras étendu. 

Incidence 

Jusqu’à 50% de la population adulte souffre de la rupture de la coiffe à un moment donné de sa vie. L’intensité des l’activité physique régulière ou et l’état dégénératif ancien accumulé au cours de nombreuses années sont déterminants. 

Signes cliniques

Les plaintes typiques d’une rupture de la coiffe sont:

  • Les douleurs nocturnes lorsque la personne est couchée sur l’épaule atteinte. 
  • La difficulté pour lever le bras (par exemple, en se décoiffant).
  • Une faiblesse générale du bras.
  • De la difficulté à exercer certaines activités en raison d’une restriction des mouvements du bras. 

Traitement

Traitement conservateur

Bonne nouvelle pour les patients : la rupture de la coiffe souvent guérit par elle-même sans l’aide d’un médecin, mais raccourcir le délai de rémission par un programme de soin adapté peut être une plus value. 

Le traitement conservateur -hors chirurgie- est indiqué en cas de rupture partielle et pour des personnes n’ayant pas un niveau d’exigence élevé en termes d’efforts de l’épaule. Si la douleur finit par disparaître avec le temps, par contre une faiblesse du bras peut demeurer réduisant quelque peu les performances physiques intenses et sportives. 

Les points-clés d’un traitement conservateur réussi sont:

  • Le repos de l’articulation et l’absence de l’activité provocant une douleur. A cette fin, le port d’un bandage fixateur est parfois nécessaire.
  • Les applications de glace et des médicaments anti-inflammatoires non-stéroïdiens et antalgiques pour réduire les algies. 
  • Un programme spécifique de physiothérapie visant à fortifier la musculature de l’épaule. 

Traitement chirurgical

La chirurgie de la coiffe des rotateurs est indiquée dans les cas suivants :

  • La rupture est complète ou importante.
  • Le traumatisme est récent et le remaniement musculaire naturel encore non débuté. 
  • L’absence de ruptures antérieures accidentelles ou du fait d’une pathologie chronique dégénérative de la coiffe.

L’objectif de l’opération est, outre la rapide antalgie, la restauration complète des fonctions de l’épaule. Les points-clés d’une opération réussie de la coiffe des rotateurs sont :

  • L’enlèvement des fragments distendus du tendon et d’autres débris (le « débridement »).
  • Assurer qu’il y ait assez d’espace pour le coulissement des tendons des rotateurs en réséquant tout pincement osseux (l’« ampliation »)
  • La réparation des parties déchirées du tendon (la « suture »).

La chirurgie arthroscopique ou « arthroscopie de l’épaule » est une chirurgie peu invasive par fibroscope. La fibre est entrée dans l’espace articulaire via une petite incision sur la peau. Ce type d’intervention convient plus particulièrement pour la réparation des ruptures partielles peu importantes de la coiffe. Le débridement arthroscopique élimine parfaitement la douleur et restaure le fonctionnement initial de l’épaule de façon à permettre la restauration rapide des activités quotidiennes. 

La chirurgie de la rupture de la coiffe des rotateurs peut entraîner les risques suivants :

  • L’infection de l’incision ou de l’articulation.
  • La douleur persistante ou l’enraidissement.
  • La lésion du tendon ou de muscle deltoïdien. 
  • La réintervention au cas de réparation incorrecte du tendon.
  • La lésion du nerf ou du vaisseau sanguin (rare).

Période post-opératoire

Le port du bandage fixateur ou d’attelles spécifiques est une étape de soutien de l’épaule indispensable au sortir de la chirurgie et ce, pour une durée de 4 à 6 semaines. Les bandages permettent également d’éviter tout mouvement brusque involontaire de l’épaule. La période de réhabilitation dure environ 3 à 6 mois conformément à la sévérité de la rupture et à l’état sanitaire du patient. Pour réduire la douleur, les applications de glace et la prise des médicaments antalgiques sont conseillées.

Thérapie manuelle

La physiothérapie bien menée après l’opération est indispensable pour la rééducation vite et réussite:    

  • Les exercices ciblés à développer la flexibilité de bras, de coud et de poignet sont conseillés juste après l’opération.
  • Le jour suivant il est possible de commencer à rétablir la rangée de mouvements de l’articulation avec l’aide de votre thérapeute ou d’appareil de musculation.
  • Apres 6 à 8 semaines suivant l’opération il est possible de procéder aux exercices actifs autonomes. 
  • Quelques mois après l’opération on peut procéder aux exercices tonifiants en commençant avec les poids légers en les intensifiant graduellement.

La rupture du muscle sus-épineux

La rupture du muscle sus-épineux est une pathologie très fréquente et la raison de nombreuses consultations auprès d’un chirurgien orthopédique et traumatologie de l’appareil locomoteur. La position du tendon du sus-épineux le rend particulièrement sujet à l'usure et à une évolution dégénérative : en effet, la tête humérale a naturellement tendance à monter sous l'effet du deltoïde.

Dès lors, le fonctionnement de la coiffe devient disharmonieux, avec pour conséquences :

  • Une remontée de la tête humérale sous la force sub-luxante du deltoïde, provoquant ainsi un conflit avec l’acromion.
  • Une possible extension de l’atteinte du sus-épineux vers le tendon du sous-scapulaire et vers celui du sous-épineux avec le risque d’affecter directement le tendon du long biceps.

Des facteurs variés peuvent causer une telle usure :

  • Vasculaire : Il s’agit d'une zone critique souvent mal vascularisée et ce, surtout à partir de l’âge de 40 ans, localisée à environ 1cm de l'insertion du sus-épineux (causant un mauvais fonctionnement et donc un mauvais positionnement de la tête humérale);
  • Anatomique : la partie tendineuse de la coiffe est engagée dans un espace restreint limité par l'acromion, le ligament coraco-acromial, la coracoïde et l'articulation acromio-claviculaire, pouvant alors provoquer un conflit sous-acromial (syndrome de Neer ou «impingement » syndrome) ;
  • Traumatique : mouvements répétés liés à une activité professionnelle ou un épisode traumatique intense (port de charges lourdes ou chute) ;
  • Constitutionnel : différences anatomiques au niveau de l’acromion, lequel peut être crochu, ce qui favorise l’apparition du conflit (à l’opposé de la forme plate ou concave). 

La rupture du biceps associée à la rupture de la coiffe de rotateurs.

Le biceps est un muscle du bras relié à l’épaule à travers deux tendons supérieurs. Ces tendons peuvent se rompre suite à un brusque effort, comme dans le cas du traumatisme intense, d’un accident ou d’une surcharge physique (rupture isolée), ou suite à un geste maladroit quand une lésion dégénérative est déjà présente à cet endroit. La rupture du biceps se produit fréquemment sur une épaule atteinte présentant des douleurs chroniques. Cette atteinte constitue une cause de ce que l’on appelle la rupture de la coiffe des rotateurs

Au niveau des signes cliniques de la rupture du biceps, on note les douleurs à l'épaule du côté de biceps, un gonflement à l’endroit du biceps dû à la rétraction musculaire (bras de Popeye), un biceps qui a une tendance de tomber en bas au cas de sa rupture haute.  

L’IRM ou le diagnostic par l’arthroscanner de la coiffe des rotateurs sont prescrites même en cas de rupture apparemment isolée du biceps si les douleurs sont toujours présentes au cours de plus de 2 semaines consécutives. 

L’opération chirurgicale n’est pas obligatoire pour cette lésion, car la rupture du biceps permet au patient de conserver sa mobilité et sa force musculaire à un niveau suffisant pour maintenir son confort quotidien. La décision sur le type de traitement de la rupture du biceps se fait suivant le délai internvenu entre la lésion et le moment de l’intervention. Si le diagnostic est réalisé tardivement au bout de plusieurs semaines, le traitement chirurgical est déconseillé car la rétraction musculaire est déjà intense. Si tel est le cas, l’immobilisation du coude en flexion est recommandée par attelle ou écharpe pour trois à six semaines, avant de procéder à la rééducation.

Dans le cas de la rupture du biceps récente, l’opération arthroscopique est proposée, surtout aux patients nécessitant la préservation de leur fonction musculaire complète (chez les sportifs), ou soucieux de garder un aspect esthétique habituel de leur bras.

Investigation et traitement

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